Deux rapports de l'INERIS sur ses études sur la géothermie profonde

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Ces dernières années, se sont exprimées localement un certain nombre d’inquiétudes par rapport au développement de projets de géothermie profonde, notamment dans le domaine de la haute température, basées sur les risques liés à cette industrie.

Risques, impacts et nuisances potentiels des forages géothermiques

C'est pourquoi, l'INERIS a publié en juillet dernier un rapport d'étude sur l'état des connaissances sur les risques, impacts et nuisances potentiels liés à la géothermie profonde, en France et dans le monde.

Ce rapport se veut une contribution scientifique et objective à ce débat et vise à présenter de manière factuelle et documentée l’état des connaissances sur les risques, impacts et nuisances potentiels liés à la géothermie profonde, de l'exploration à l'exploitation. Il met également à profit l’expertise de l’INERIS dans le domaine des risques liés à d’autres secteurs d’activités, notamment celui des forages pétroliers, pour porter un regard distancié sur les technologies de la géothermie profonde.

Il fournit ainsiune description des différentes géothermies existantes, avant de présenter des retours d’expérience d'incidents ou accidents connus survenus lors d'opérations de géothermie profonde (production directe de chaleur et production d'éléctricité).

Puis il présente les différents impacts et risques potentiels d'une opération de géothermie profonde : émanations ou épanchements accidentels de fluides en surface, contamination potentielle du milieu souterrain, désordres potentiels en surface ou secousses sismiques ressenties.

Enfin, il propose une analyse globale et comparée de l’ensemble des risques, impacts ou nuisances potentiels liés à cette filière.

Forages géothermiques en France

En parallèle, l'INERIS a également publié un rapport d'étude sur l'état des lieux des puits réalisés par forage en France.

La conservation des informations sur ces puits constitue un enjeu important de sécurité et de protection de l’environnement. En effet, il convient d’éviter que ces puits soient accidentellement rouverts ou intersectés lors du creusement d’un ouvrage souterrain.

De plus, la fermeture d’un nombre croissant de puits pose aussi des questions de long terme : quel sera le devenir des dispositifs d’isolation mis en place lors du bouchage des puits après plusieurs dizaines ou centaines d’années, et quelles seraient les conséquences d’une perte d’étanchéité de ces puits, notamment dans des contextes géologiques et environnementaux défavorables.

Dans cette démarche de consolidation des informations, en vue d’une analyse ultérieure des risques liés aux puits abandonnés, l’INERIS a entrepris, pour le compte du Ministère français chargé de l’Environnement et de l’Energie, de faire l’inventaire des puits d’hydrocarbures forés sur le territoire ou dans les eaux françaises.

Les puits de géothermie profonde ont également été inclus dans ce recensement.

Ce rapport présente une analyse globale des données recueillies sur ces puits : localisation, âge, profondeur, fonction, structure, opérateur lors du forage, nombre et types de documents ou diagraphies disponibles, etc.

Pour compléter, notez la publication par le CGEDD, en janvier 2017, d'un rapport sur les "Modalités de gestion et d’indemnisation des dégâts occasionnés par un forage géothermique sur la commune de Lochwiller (Bas-Rhin)". Pour rappel, Il s'agit d'une opération de géothermie de très basse énergie (géothermie de minime importance) dont l'origine des dégâts est due à une réalisation illégale du puit géothermique dans des roches riches en sels ou évaporites, avec une méconnaissance des bonnes pratiques professionnelles (non respect des normes et procédures).

Source : INERIS, CGEDD