Révision de la PPE : un cahier d'acteur et des propositions de l'ADEME pour les énergies renouvelables

-A A +A

Dans le cadre du débat public sur la révision de la PPE, l'ADEME a publié un cahier d'acteur dans lequel elle présente sa position globale et elle apporte des précisions sur ses propositions pour les filières des énergies renouvelables, et pour les différentes géothermies en particulier, dans une synthèse dédiée.

Cahier d'acteur

Selon l'ADEME, une baisse de 30 % des consommations énergétiques d'ici 2035 et un doublement la part de la production renouvelable entre 2016 et 2028 (soit 70 %) constitue une trajectoire de transition énergétique envisageable.

baisser les consommations d'ici 2035

La consommation d’énergie finale annuelle en France est actuellement d’environ 1700 TWh et près de 50 % de l’énergie consommée l’est en 2015 pour un usage de la chaleur (secteurs résidentiels et tertiaires).

Une des 2 priorités pour baisser cette consommation est donc d'améliorer la rénovation du parc de bâtiments, en complétant la réglementation sur les bâtiments neufs, par un plan de rénovation massif sur les bâtiments existants.

augmenter les énergies renouvelables entre 2016 et 2028

Actuellement, le mix énergétique français compte 16 % d’énergies renouvelables (EnR), qui proviennent essentiellement du bois-énergie et de l’hydroélectricité.

Atteindre 32 % d’EnR en 2030 (et près de 40 % d’EnR en 2035) est possible en développant massivement un panel plus large de ressources renouvelables pour couvrir les besoins de chaleur/froid, d'électricité et de carburant. Si on prend  en compte leur maturité technologique, leur gisement et leur coût, quelques grandes filières ont une place majeure et sont incontournables, dont les pompes à chaleur à haut rendement pour la chaleur.

Ainsi, pour 2028, l’ADEME estime qu’une augmentation de 70 % de la production EnR par rapport à 2016 est techniquement possible et économiquement souhaitable si on intègre le prix du carbone aux énergies fossiles. Rapportée à l’évolution de la consommation, cela se traduit par un doublement de la part d’EnR d’ici 2028. En pratique, cela correspond à passer de 290 TWh de production EnR (fin 2016) à près de 490 TWh en 2028.

accélerer et en bénéficier

Les bénéfices apportées par ce choix, selon l'ADEME, ne sont pas négligables en termes d'emplois, de qualité de vie dans les territoires, permettant en parallèle une évolution du système énergétique.

Hors, toutes les filières sont actuellement dans une dynamique de croissance, mais pour la majorité d’entre elles, le rythme est encore insuffisant pour atteindre les objectifs 2023 de la première PPE.

La priorité à court terme est donc de proposer, selon l'ADEME, des leviers de simplification et d’accélération de leur déploiement, car certaines des 5 filières incontournables pour la transition énergétique doivent faire face à des enjeux particuliers dans les prochaines années.

Propositions spécifiques aux EnR

Pour présenter les enjeux des filières énergétiques renouvelables, l'ADEME présente dans une synthèse pour chaque filière :

  • ses propositions d'objectifs chiffrés pour 2028, telles qu'elle les a formulées pour les ateliers de concertation organisés par la DGEC. Ces objectifs sont comparés à des évaluations de la situation actuelle fin 2016 ainsi qu'aux objectifs pour fin 2023 fixés par la première PPE,
  • une analyse de l'état actuel de la filière, de son évolution passée et à venir,
  • les principaux enjeux de la filière pour la prochaine PPE, ainsi que les risques, verrous et actions prioritaires à mettre en œuvre pour son développement futur.

Enjeux de la géothermie profonde :

  • maintenir et accélérer les soutiens publics à l’extension des réseaux de chaleur géothermiques existants et favoriser la conversion des autres réseaux à la géothermie, notamment en île de France ;
  • faciliter l’accès à de nouvelles ressources géothermales en adaptant les dispositifs de couverture du risque géologique (nouveaux aquifères profonds en île de France, extension géographique à l’ensemble du territoire).

Enjeux de la géothermie de surface :

  • l’extension des aides apportées par le Fonds chaleur au froid renouvelable permettra de mieux valoriser un des atouts majeurs de la géothermie de surface : chauffage et refroidissement renouvelable ;
  • profiter de l’expérimentation du label E+/C-, préfigurant la future réglementation thermique, pour faire de la géothermie de surface une solution phare dans le tertiaire ;
  • financer le déploiement d’un réseau d’animateurs géothermie régionaux pour accompagner les maîtres d’ouvrage et porteurs de projets.

Enjeux des réseaux de chaleur :

  • dans une approche de planification, la solution "réseaux de chaleur EnR et de récupération" doit faire partie des solutions étudiées par les collectivités, même pour les quartiers avec des consommations faibles ;
  • les grandes opérations d’aménagement urbain, pilotées avec le regard planificateur de la collectivité, sont des opportunités pour développer les réseaux de chaleur EnR et de récupération à moindre coût, notamment grâce à la mutualisation des travaux de voirie ;
  • maintenir la TVA à taux réduit pour la vente de chaleur à partir de réseau à plus de 50 % EnR et de récupération tout en incitant progressivement les opérateurs à augmenter davantage la part de ces énergies.

Enjeux de la production d'électricité d'origine géothermique :

  • mettre en service plusieurs centrales de technologie EGS et capitaliser ces premiers retours d’expérience.

Noter que tous les éléments décrivant la position de l'ADEME dans le cadre de ce débat public sur la PPE sont disponibles sur son site web.

Source : ADEME