Inventaire des ressources

Source chaude de Petite Anse, Martinique © BRGM

Les ressources géothermiques superficielles, valorisables par pompe à chaleur

Potentiel du meilleur aquifère en très basse énergie en Aquitaine © BRGMDeux types de ressources existent :

  • l’énergie naturellement présente dans le sous-sol à quelques dizaines – voire des centaines – de mètres

La chaleur emmagasinée dans le sol est présente en tout point du territoire. Les techniques de capture de cette énergie seront adaptées en fonction des besoins thermiques et des types de terrains rencontrés. Dans certaines configurations géologiques, il est cependant déconseillé de réaliser un forage géothermique: présence de karst, anhydrite, cavité saline... Consulter les données régionales

  • les aquifères

Avec le développement des pompes à chaleur géothermiques, il est aussi apparu nécessaire d’inventorier les aquifères superficiels. Ce type d’inventaire est plus difficile à réaliser à cause d’une part, de l’aspect très discontinu et de la petite taille de ces formations et d’autre part, de l’absence de centralisation des données recueillies lors des forages de recherche ou de captage d’eau à des fins domestique, agricole ou industrielle.

Des inventaires ont été réalisés dans les années 80 et sont aujourd'hui consultables sous forme d'Atlas du potentiel géothermique. Consulter les données régionales

Les ressources des aquifères "profonds" où le débit et la température permettent un usage direct sans pompe à chaleur.

Carte des opérations et températures du Dogger du bassin parisien © BRGMAprès avoir évalué les ressources soit par une exploration géothermique spécifique, soit à partir de travaux de reconnaissance antérieurs menés par exemple pour la recherche de pétrole ou de gaz, il est possible d’établir l’inventaire des ressources géothermales, notamment dans les bassins sédimentaires.
C’est le cas des aquifères profonds du bassin Parisien et du bassin Aquitain qui ont fait l’objet, pendant plusieurs années, de campagnes d’exploration pétrolière et gazière par méthode indirecte comme la géophysique (sismique réflexion) avec de nombreux forages de recherche pour en préciser les résultats.
Dans les années 70, ces données ont été réinterprétées pour des objectifs propres à la géothermie et il a été possible de déterminer le potentiel géothermal des aquifères profonds des bassins Parisien et Aquitain.

Certains aquifères comme l'Albien ou le Néocomien en Ile-de-France sont situées à des profondeurs de l'ordre de 600 à 750 m. Néanmoins leurs températures, de 25°C à 40°C, nécessitent l'usage d'une pompe à chaleur pour alimenter en chauffage et eau chaude sanitaire des bâtiments. A ce titre et malgré leur profondeur, ils ne sont pas considérés comme aquifères profonds.

Dans une moindre mesure, d’autres bassins sédimentaires ont aussi bénéficié de travaux antérieurs d’exploration : fossé rhénan (Alsace), bassins languedociens et provençaux, couloir rhodanien, plaine d’Alsace…

Les ressources géothermique haute énergie à des fins de production d'électricité ou de cogénération

Les ressources en Métropole

A Chaudes-Aigues dans le Cantal, l'eau jaillit de plus de 30 sources à 82°C © BRGM Im@gé Dans le Massif central, notamment le Massif du Mont Dore où un potentiel a été identifié, des projets de recherche et de développement sont en cours. Des manifestations de surface comme à Chaudes-Aigues incitent chercheurs et industriels à travailler ensemble pour caractériser et valoriser industriellement les ressources.
Dans le fossé rhénan, dans un contexte bien différent, bénéficiant d'un passé industriel et minier, un programme novateur de recherche a démarré en 1987 à Soultz-sous-Forêts dans le cadre d'une collaboration européenne, avec la volonté de mettre en exploitation à terme cette énergie des profondeurs : l'exploitation des roches chaudes et non plus des nappes. Raccordé et produisant sur le réseau depuis 2011, d'autres projets sont en cours...
Le Bassin rhénan, un fossé d'effondrement qui s'est rempli de dépôts du tertiaire et du quaternaire présente le gradient géothermal le plus élevé de France métropolitaine : jusqu’à 10°C par 100 mètres. A 5 km sous le continent, la température atteint les 250°C.

Les ressources dans les DROM

Volcanisme actif des Antilles Les petites Antilles et leur succession d’îles constituent un arc insulaire où le volcanisme actif est entretenu par la subduction de la plaque océanique atlantique sous la plaque caraïbe.

Ce contexte géologique est particulièrement favorable à l’existence de ressources géothermiques haute énergie valorisables pour produire de l’électricité.

Quelques organisations régionales, comme le Caricom et l’Organisation latino-américaine de l’Energie (Olade) et d’autres (Banque Européenne de Développement, Agence de Développement International des Etats-Unis, …) ont subventionné des études de prospection et de « préfaisabilité » à Saint-Kitts, Nevis, Montserrat, la Dominique, Saint-Vincent et Grenade. Des forages exploratoires ont été effectués à la Martinique (grâce à des financements du Conseil Régional et de l’ADEME) et à Sainte-Lucie.

A la Réunion, l'activité de recherche est actuellement suspendue.

En Dominique, où les phases exploratoires ont permis de confirmer un potentiel de 100 MW exploitable, les travaux afin de permettre son exploitation ont commencé et devrait permettre à l'île d'être énergétiquement indépendante d'ici quelques années. Ce projet avec la volonté de developper la puissance installée de la centrale de Bouillante en Guadeloupe sont des signes encourangeants d'un développement de la géothermie dans les Antilles.

L'exploitabilité du Dogger en Ile-de-France

 

Le potentiel géothermique du bassin Parisien a pu être recensé en 1976. Ces données ont permis de réaliser à partir de la fin des années 70, les 55 opérations géothermiques qui exploitaient en 1985 l’eau chaude du Dogger, aquifère calcaire situé entre 1 600 et 1 800 mètres de profondeur avec une eau dont la température varie de 55° à 80°C. Les compléments d’information recueillis lors de ces forages ont permis de préciser la géométrie et les caractéristiques de l’aquifère du Dogger. Une interprétation spécifique a permis de produire cette carte d’exploitabilité du Dogger, distinguant les secteurs les plus favorables (représentés en orange) des secteurs les moins favorables (en bleu).

Aujourd'hui, la relance de la géothermie en Ile-de-France a permis de construire de nouveaux forages et de réhabiliter d'anciens. En savoir plus sur la production de chaleur par usage direct...